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De l'Andalousie au Mali, un voyage en musique

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Senegal


 De Bamako je saute dans un train pour le Sénégal. La locomotive verte jaune et rouge se force un passage à travers la brousse et les petits villages, doucement mais surement. Ici le temps n’as plus d’importance et parfois on reste 6 minutes dans une gare, parfois 6 heures, en fin de compte, rien de bien préoccupant. Au détour d'un virage, dans l’épaisse fumée des machines on aperçoit sur le toit une foule de passager clandestin qui n'hésite pas a braver la police, les contrôleurs et les déraillements. Au milieu du lit un trou béant crache des ressorts rouillés. Allongé, je me laisse bercer par ce doux tanguage, réveillé seulement par quelques vendeuses de mangues et le bruit d’une porte foutue. Après des heures et des jours arrivée à Dakar, une ville un peu folle.   
  Lamine m’accueille dans sa famille et sa maison coincée entre océan et ghetto. Dans les rues, des jeunes sans boulot mais bien sapés, des airs de gangstas, des rêves d’Amérique et de Paris.
  Un matin, dans la jungle de la gare routière principale, je me laisse, bon-grés mal-grés guider vers un mini-bus sans âge, un cercueil comme on les appelle ici. Durant le trajet je ne fait qu’espérer que la portière mal fermée et sans vitre sur laquelle je suis forcé de m’appuyer ne va pas s’ouvrir. Le véhicule penche a droite et progresse a la manière d’un funambule peu sur de lui. Après quelques heures un motard chevronné nous double en trombe et s’en va percuter de plein fouet une voiture, vol plané mais miraculé il s’en sort sans égratignure, c'est bon on y va....
...arrivée à Saint-Louis chez mon ami morgan. Une ville colorée, a la  belle architecture et patrimoine mondial de l’ Unesco.  Pour une vision d’ensemble il convient aussi de faire un tour par le quartier des pécheurs, un bidonville de 25000 habitants coincé sur une toute petite bande de terre, des conditions de vie dures et explosives...
 Au retour sur Dakar je posse mon baluchon au cercle de voile sénégalais.  De l'eau qui s'effondre et le claquement des feuilles de palme. A regarder les marins arriver, repartir, mon esprit s'évapore vers ce bel horizon, une fenêtre sur l’infini champs des possibles. Apres quelques jours la chance me tend une main que je m’empresse de saisir. Un couple de breton accepte de m’embarquer sur leur voilier pour une régate jusqu’ en Casamance. Le soir, en haut, le mat danse une étrange valse avec la voie lactée, en bas le plancton s’illuminent et laisse derrière nous comme une trainée de poudre magique. Après 48 h de navigation on arrive dans l’embouchure du fleuve ou les dauphins nous guident vers la ville de Ziguinchor. Une fête est en marche. Les musiciens font rougir leur doigts sur la peau tendue des tam tam, les femmes sensibles à chaque percussion se lancent dans des danses endiablées. Dans la moiteur des corps, les fronts ruissèlent, les reins se cambrent. Un attroupement se fait autour de personnages en costume, sans doute une troupe de cirque ou de théâtre, mais non c'est juste le maire de la ville et le président de la fédération de voile...l’atmosphère monte en intensité. Un type le visage peint, en semi transe, croque des lames de rasoir et saute sur des verres pillées. Sous un soleil de plomb et devant cette explosion de vie et de couleur je reste un peu abasourdi, titubant et ivre de ce continent généreux.
Me voila maintenant à nouveau sur Saint-Louis pour le festival international de jazz. Une belle coïncidence pour finir mon voyage en musique et beauté.
La semaine prochaine je quitte un peu triste la chaleur humaine africaine. Bienheureux aussi de retrouver celle de la famille et des amis...

     Mathieu

Publié à 02:22, le 30/05/2009,
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En Europe on a les montres, en Afrique on a le temps...

C'est la réflexion que je me faisais en lisant tes lignes, toujours autant agréables à lire. Je ne sais pas comment tu vas trouver l'Europe, la France et la Cerdagne après un séjour de 6 mois en Afrique... Il va te falloir un temps d'adaptation!

En Europe on a les montres et on a aussi les chaines...

En Italie, pays dont tu visites actuellement la capitale si j'en crois ton récent e-mail de Rome, les ministres de la ligue du nord (extrême droite) très proches de Berlusconi, veulent créer un fichier génétique de tous les étrangers!! Et la Capora de Naples assassine régulièrement des clandestins.

En France, le ministère de l'Intégration et de l'Identité Nationale veut créer une loi qui criminalise les gens qui hébergent et soutiennent les sans papiers que l'on parque dans des camps de concentra... heu, rétention!

La répugnance de ces politiques d'immigration est inversement proportionnelle à la générosité du continent africain...

Cela étant dit, tes récits m'ont bien fait triper. T'avais l'oeil, maintenant t'as la plume... A bientôt, mon ami.

Lalou

Publié par Lalou à 10:17, 3/06/2009

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